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 guns for hands / alma
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 Sujet : guns for hands / alma   Lun 27 Juin - 14:52
[Guns for Hands] avec Alma Rodríguez.

Sur les écrans de la salle de vidéo-surveillance, Smith observe un groupe de trois contaminés se déplacer le long de l’entrée du parc menant à Castle Clinton. Ils marchent, ils marchent puis ils tombent. Deux balles dans le crâne, avec les compliments des agents de la Division en poste dans la zone. A côté d’elle, les deux hommes chargés de la surveillance pour les prochaines heures s’esclaffent. Il y a quelque chose de très satisfaisant dans le fait de regarder des têtes de morts-vivants exploser. Smith elle-même sourirait presque si leur présence si près de la base ne la dérangeait pas. La vermine est partout. A l’exception peut-être de la base, personne n’est en sécurité nulle part. Il ne manquerait plus la base ne soit plus l'exception...

Il est encore tôt. Le lieutenant lui a donné rendez-vous dans l’aile de sécurité pour qu’elle lui fasse un compte-rendu de la dernière mission effectuée au Fulton Fish Market. Mais, personne n’est surpris de la voir debout aux aurores. Si les agents de la Division sont actifs à toutes heures du jour et de la nuit, Smith a la réputation de ne jamais dormir. Il semble que le lieutenant ait décidé d’en profiter. Maintenant qu’elle y réfléchit, Alma Rodriguez tient sûrement le même rythme que Smith. Avec des responsabilités supplémentaires. Etre lieutenant en période de quarantaine n’est pas le job rêvé. Smith préfère laisser aux gradés le soin de prendre les Décisions avec un D majuscule. Avoir la mort d’autres agents sur la conscience ne l’intéresse pas le moins du monde.

« Tiens, Eason est réveillé aussi, » annonce l’un des agents dont elle a oublié le nom. « Il ne vient pas voir le lieutenant avec toi ? » Elle se tourne vers les écrans retransmettant l’intérieur de la base. On y voit Eason se diriger vers l’aile médicale. Un soupir exaspéré lui échappe. Elle lui avait pourtant bien dit d’y aller directement en rentrant de la mission. Mais non, son partenaire se croit invincible. De ce qu’elle avait vu hier, il avait au moins besoin de quelques points de suture. Rien de grave mais, s’il est allé se coucher sans les avoir fait faire, il a dû foutre du sang partout sur son lit. Ça lui apprendra. Un raclement de gorge détache ses yeux de la forme en deux dimensions d’Eason. Elle regarde son émetteur quelques secondes, le mettant visiblement mal à l’aise. Non, rien à faire, son nom ne lui revient pas. « Elle n’a donné rendez-vous qu’à moi. Elle ne veut sûrement qu’un compte rendu d’hier et rien de grave n’est arrivé. Pas besoin d’être deux. » Désintéressé, ou peut-être dans un effort de cesser de parler avec elle, Anne O’Nyme s’en retourne à son travail. L’autre jour, Eason lui a dit qu’elle était parfois trop calme, trop détachée, et que ça rendait nerveux certaines personnes. Comme s’il était un modèle de sociabilité. C’est donc dans un silence confortable pour Smith et peut-être un peu plus désagréable pour les deux autres occupants de la pièce que la porte de la salle finit par s’ouvrir, laissant apparaître le lieutenant Rodriguez.
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 Sujet : Re: guns for hands / alma   Lun 27 Juin - 19:17
[Guns for Hands] avec Jane Smith.

Mes mains sont tâchées du sang de mes hommes et ne sont pas à l'abri d'être salies de nouveau de ceux qui se tiennent encore debout sous ces jours sombres. Chacune de mes décisions peuvent conduire à la mort d'une personne sous mes ordres ou de celles sans défense qui pourraient dépendre de la protection de la Division... Et je me devrais de vivre avec ce poids sous la conscience. C'est d'ailleurs pourquoi j'ai cessé d'accorder de l'attache à tout ce qui pouvait être lié à mes affections, c'est pourquoi j'ai cessé de penser avec le cœur et davantage avec la tête. Peu importe que je sois aujourd'hui cette personne froide et antipathique comme je peux le montrer à l'égard des autres. J'ai compris que pour supporter la position que j'ai acceptée de prendre à la mort de l'ancien lieutenant, il fallait que je me remette radicalement en question. Il m'a fallu très vite m'adapter à la situation et aux poids qui pesaient sur mes épaules : être en mesure d'assurer la sécurité des nôtres en plus de celle des éventuels civils que nous ne pourrions pas laisser à leur sort le moment venu. Trouver ce lieu qui nous sert aujourd'hui de base d'opération de la Division avec les événements chaotiques qui s'enchaînaient les uns après les autres, touche à mes yeux du miracle. Ou peut-être est-ce tout simple réellement nous qui avions eu de la chance ? Peut-être qu'avons-nous trouvé cet endroit avant que les hordes s'accumulent comme des insectes à travers les rues et avenues de Manhattan ? Que sais-je... Nettoyer la zone autour de la base d'opération a été la chose que nous avions fait naturellement peu de temps après le début de cette pseudo apocalypse... Éliminant progressivement les premiers infectés qui se trouvait sur cette zone. Peut-être qu'aurions-nous eu moins de chance de prendre le contrôle de ce lieu si nous avions commencé à le faire juste aujourd'hui, là où les infectés ne se comptent plus sur les doigts d'une main depuis des mois.  

Les bras croisés, le regard semblant perdu dans le vide, mais qui pourtant balaye le paysage urbain obscur qui se dressent devant lui. Il est tôt et le ciel ne fait qu'à peine sortir de sa pénombre à l'horizon, dévoilant la frontière entre le ciel et l'océan au loin. L'un des hommes qui se trouvait à mes côtes semblaient attendre une autorisation de ma part comme si m'a présence ici semblait remettre en cause sa mission. Je lui lance un simple regard et un acquiescement de la tête, avant qu'ils donnent le signal pour abattre les rôdeurs qui traînaient un peu trop près de l'entrée de la base. Même s'il ne s'agissait que d'un groupe de trois infectés, leurs présences avaient de quoi m'irriter, car elles suffisent à me rappeler que cet endroit n'est en rien totalement « safe »... Cette sécurité que nous chérissons tant n'est qu'une illusion et seul un idiot penserait le contraire. Je descends de la muraille vers l'intérieur, le visage fermé et dur. Je suis plongée dans mes pensées durant le moment où je marchais en direction de l'aile de sécurité où je retrouverai sans aucun doute l'agent Smith que j'ai fait demander pour son rapport de mission. Il semblerait que cette femme ne soit pas une personne qui apprécie les bonnes nuits de sommeil et contrairement à moi qui suis débordée par mon rôle, je ne lui accorde aucune excuse pour le fait de négliger sa santé. Lorsque j'entre dans la pièce, par réflexe je m'exclame : « Repos ! » Je suis dorénavant habituée à ce qu'on se mette en garde lorsque j'entre dans une pièce. J'ai toujours trouvé ce geste stupide surtout quand je le faisais encore moi-même envers mes supérieurs. Je trouve ça encore plus stupide maintenant qu'on le fait à mon égard. Mais j'imagine que le respect de l'autre passe avant tout dans l'acte et les gestes en question. C'est peut-être pourquoi je ne mets pas un terme à tout ceci.  

« Capitaine ! » Dis-je observant l'agent Smith, l'invitant au passage à me suivre vers les stands de tire. Je ne désirai pas trop faire sortir les soldats en charge de la surveillance, leur travail à bien trop d'importance pour qu'ils se permettent de laisser passer quelque chose pendant leur absence. D'ailleurs, le seul moment où ils seront autorisés à quitter cet endroit, c'est lorsque que d'autres soldats viendront prendre leur place. Arrivée aux stands de tire, je me retourne en direction de Smith, mes mains jointes dans mon dos. « Je vous écoute. »
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 Sujet : Re: guns for hands / alma   Mar 28 Juin - 15:21
La porte est à peine ouverte que « Repos ! » atteint les oreilles des occupants de la salle de vidéo-surveillance. Les apparats de la discipline militaire ne sont pas du goût du lieutenant, c’est ce que Smith a remarqué après quelques semaines sous ses ordres. Il est pourtant difficile de s’en débarrasser. En Irak, au service de la Reine comme au service de particuliers, parmi les cibles et les prédateurs, il lui avait fallu tout oublier. Tous ces réflexes que l’école militaire s’évertue à vous rentrer dans le crâne, le corps, les muscles. Pour ne pas se trahir elle-même, elle avait fait cet effort. Cela avait pris du temps mais la peur de l’erreur dans le danger l’avait stimulée. Mais, l’entraînement des agents de la Division est aussi intense que formel, et les automatismes ont refait leur apparition – bien plus vite qu’ils n’étaient partis… Pieds écartés et mains croisées derrière son dos droit, Smith relève la tête pour mieux observer sa supérieure hiérarchique, tentant d’enfouir d'indésirables souvenirs refaisant surface par flashs. Le lieutenant Rodriguez reste pour elle un paradoxe indéchiffrable ; entre raideur inhospitalière et volonté de se défaire des cérémonies. Et puis, tant de pouvoir entre les mains d’une personne si jeune…

Les deux femmes sortent de la salle pour se diriger vers le stand de tir. A cette heure, il n’y a encore personne. « Je vous écoute, » lance autoritairement le lieutenant. Smith l’étudie un instant, curieuse quant à l’intérêt porté à cette mission en particulier. Les agents se contentent, en général, de lui fournir un rapport écrit. « L’opération consistait à évaluer le niveau de danger du Fulton Fish Market après les requêtes faites par l’équipe médico-scientifique. La prochaine mission de reconnaissance concernera sûrement la cathédrale Saint-Patrick… » Saint-Patrick, une autre mission que les scientifiques de la Division ne veulent pas lâcher. S’ils doivent vraiment aller là-bas, Smith espère au moins reporter une quelconque opération au marché de poissons. Ils ne se rendent pas compte des risques. A moins qu’ils considèrent leurs vies comme moins essentielles. Cela ne la surprendrait pas, pour avoir discuté avec quelques collègues de Nell. Elle espère juste que le lieutenant sait faire la balance entre ce qui est important pour la recherche et ce qui est dangereux pour ses agents sur le terrain. Les décisions prises posent parfois cette question… « Il y a des cadavres partout, lieutenant. Certains ne bougent plus, beaucoup rôdent.  C’est infesté. Au moindre bruit, ils attaquent en horde. Envoyer Matheson faire des prélèvements là-bas relève de l’inconscience. Eason et moi avons tenté d’entrer dans l’entrepôt mais nous sommes sortis assez rapidement. Il faisait bien trop sombre à l’intérieur. Je pense que des civils ont tenté de s’approcher de la nourriture, l’endroit est une véritable chambre froide remplie de vivre… Comme nous n’avons pas pu aller très loin, nous avons fait le tour du bâtiment. Evaluer les simples risques d’entrée et de sortie. C’est à ce moment qu’Eason s’est ouvert la paume avec un bout de verre en s’appuyant sur une des voitures du parking. Rien de grave. Toujours est-il que les issues ne sont pas sécurisées. Les infectés ne montent bien sûr pas la garde mais ils sont si nombreux qu’il y en a toujours quelque uns à l’entrée et aux alentours. Il est possible d’évoluer dans le parking et peut-être de s’approcher de l’extérieur du bâtiment. Mais, y rentrer et rester sur place le temps que Matheson fasse son travail ? Très difficile à envisager. » Le compte-rendu est monocorde et se termine sur la même note qu’il a commencé. Smith observe le lieutenant tout le long, cherchant à déchiffrer une émotion, quelque chose. Elle est habituée à voir cette impassibilité sur les visages de ses supérieurs. C’est un trait qui semble aller de pair avec la montée en grade. Le voir sur un visage plus jeune que le sien reste néanmoins une expérience intéressante. Smith sait qu’elle ne dévoile elle-même pas grand-chose. Mais, il est rare de rencontrer une femme qui, dans son comportement, lui ressemble. Pas sûr que Rodriguez considère cette similitude comme un compliment cependant, compte-tenu du passé de l’agent Smith. Il semble qu’elle n’en sache encore rien. Smith craint le jour où quelqu’un décidera d’ouvrir le dossier que la division possède la concernant.


Dernière édition par Jane Smith le Mer 29 Juin - 21:39, édité 2 fois
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 Sujet : Re: guns for hands / alma   Mar 28 Juin - 18:20
[Guns for Hands] avec Jane Smith.

Je reste silencieuse et très attentive aux mots soigneusement choisis par Jane quant à son compte rendu de sa dernière mission. Mes bras et mes mains restent jointes dans mon dos, gardant cette posture militaire qui nous a tant façonné par l'intermédiaire de la discipline. Nous sommes conditionnés à une manière d'être qui semble inter-subjectivement nous définir. On peut clairement voir la différence entre les manières et le comportement des scientifiques à côté des soldats. C'est pourquoi, même si j'ai toujours trouvé stupide la manière de saluer systématiquement son supérieur en se mettant au garde-à-vous, je sais que c'est un réflexe difficilement effaçable... Et puis, je comprends néanmoins qu'il est essentiel de garder nos disciplines pour faire justement cette différence entre les scientifiques pour la plupart insouciants et les militaires à cheval sur les règles. La discipline est ce qui maintient l'ordre et j'en suis bien consciente. Dès l'annonce de l'objet de mission qui a été donné à l'équipe de prélèvement, une sensation de colère traverse de part en part chaque partie de mon corps. Toutefois, les traits de mon visage ne changent pas, bien que de base il garde cette expression froide qui semble désormais me définir, voire me caricaturer. Les poings se serrent dans mon dos à en bloquer la circulation du sang... l'équipe médico-scientifiques en question, se permettent de prendre des décisions qui ne me plaisent guère. Je ne crois pas avoir autorisé une mission de ce genre vers la zone où a été envoyée l'agent Smith et Eason. Aurait-il changé au dernier moment de lieu ? Dans tous les cas, si l'équipe scientifique se permet une aussi grande liberté, je vais peut-être remédier à leur autorité. Même si j'ai une confiance aveugle sur la capacité de chacun de mes soldats, je préfère avant tout définir moi-même les hommes à envoyer en reconnaissance avec un plan mûrement réfléchi par nos soins.

Je n'aurais certainement pas apprécié l'annonce de décès des soldats qui auraient été envoyés sans même se soucier des difficultés de la zone à explorer. Elle annonce qu'il y a déjà une autre mission de prévu qui ne m'est pas inconnue. Je ne dis rien, je ne montre rien... Mais le mécontentement a pris place dans mon cœur. À croire que les scientifiques sont si embus d'eux-mêmes qu'ils sont incapables de considérer le danger. De plus, c'est mes hommes qu'ils envoient comme s'ils ne représentaient rien d'autre que des objets jetables et remplaçables. En effet, une longue conversation avec moi attendent l'équipe scientifique et ils ne vont pas apprécier ce que je leur réserve. J'acquiesce de la tête pour affirmer que j'avais très bien compris la situation et qu'elle pouvait poursuivre. Mes yeux ne lâchaient pas les siens, presque comme si je les fusillais... mais ce n'est pas le cas, mon regard semblait paradoxalement éteint, comme fixant le vide. Elle m'explique donc la situation à Fulton Fish. Elle a pris des risques considérables avec son coéquipier. Cependant, ce genre de risque fait partie de ce genre mission pour n'importe quelle autre équipe de reconnaisse, ceci dit. Je lève un sourcil lorsqu'elle m'annonce qu'Eason s'est ouvert la main... Je reçois le rapport de chaque mission, de chaque équipe, que ce soit les soldats sur le terrain, ceux en charge de la surveillance, les scientifiques ou encore les médecins. Je n'ai reçu hier aucun rapport comme quoi un soldat du nom d'Eason est passé à l'infirmerie pour une blessure à la main. Je verrais ça plus tard, je la laisse poursuivre et terminer son compte rendu de mission. Je reste un moment silencieuse peu après qu'elle est terminée de parler, mon regard se perd un moment cette fois-ci, réellement dans le vide. J'inspire avant de replonger mes yeux sur ceux de Jane. « Il semblerait qu'il y ait des ressources en nourriture à Felton qu'on ne peut pas ignorer. »

Commençais-je sur un ton pensif avant de poursuivre sur un ton un peu plus autoritaire. « Mais, je n'autoriserais pas l'équipe de prélèvement à effectuer une mission dans cette zone, que l'équipe médico-scientifique soit ou non d'accord avec cette décision. Assurer la protection de l'immunologiste, en plus de la vôtre n'est en effet pas envisageable avec le niveau de dangerosité que vous venez de me décrire agent Smith. Toutefois, nous devrons prendre le contrôle de cet endroit le moment venu et donc nettoyer la zone. Nos ressources en nourriture ne sont pas éternelles et Felton pourra subvenir pour encore longtemps à nos besoins. Nous utiliserons donc plus tard vos connaissances des lieux pour élaborer un plan afin de récupérer proprement les lieux. » Je m'arrête un moment, laissant un petit silence s'installer. « En ce qui concerne l'autre mission, l'équipe scientifique est déjà venue me voir et m'a fait son speech sur l'importance des prélèvements à Saint-Patrick, il y a déjà un moment maintenant. L'équipe de Logan avait été envoyé, son rapport fait mention d'un état des lieux aussi déplorable et hostile que Felton Fish. Je suis tentée donc de refuser cette mission aussi, car au vu de la distance je ne pourrais pas vous envoyer une équipe en cas de pépin et donc assurer votre extraction. Toutefois, je ne peux pas non plus fermer les yeux sur les travaux des scientifiques en tant que Lieutenant. Donc, je pourrais envoyer une équipe d'assaut lourdement armée pour faire nettoyer un peu la zone de vos recherches, ce qui pourrait vous laisser un petit sursis lors de votre passage... ou bien vous pouvez tout simplement rester ici et attendre une autre mission beaucoup moins périlleuse. Que décidez-vous de faire en tant que capitaine de l'équipe de prélèvement, Agent Smith ? Je vous laisse le choix... »
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 Sujet : Re: guns for hands / alma   Jeu 30 Juin - 10:47
Pas de mission au Fulton Fish Market pour l’instant. Mission reportée. Si Smith n’était pas excessivement consciente de ses moindres faits et gestes en présence de sa supérieure, elle lâcherait peut-être un soupir soulagé. Bien sûr, elle ne se fait pas d’illusion, elle sait bien qu’un jour ou l’autre, comme le lui confirme le lieutenant Rodriguez, il faudra prendre le contrôle des lieux ; l’importance de cet entrepôt et des vivres qui s’y trouvent ne lui échappe pas. Tout le monde se rend bien compte que les ressources de la Division ne sont pas illimitées et Manhattan n’est pas une ville propice à la survie : pas d’arbres fruitiers, pas d’animaux sauvages… Sauf peut-être les rats et, ces jours-ci, mieux vaut rester éloigné des rats. De tous les animaux, vraiment. Il parait qu’ils peuvent être infectés, eux aussi. Smith n’en a pas encore eu la preuve mais elle ne doute pas de la véracité de l’information. Elle n’a rien d’invraisemblable. Mais, retourner au Fulton Fish Market n’est pas en soi le problème. La dangerosité du lieu ne la rend pas plus nerveuse que n’importe quel autre rue de Manhattan. On peut mourir partout. Au coin de la rue, dans un entrepôt… Non, ce qui dérange Smith, c’est cette volonté d’envoyer des scientifiques sur le terrain avant d’avoir laissé aux professionnels le temps de sécuriser au maximum les différents lieux. A quoi bon lui demander d’assurer la protection de quelqu’un si c’est pour ensuite rendre son travail plus difficile qu’il ne devrait l’être ? Mais, l’agent choisit éviter d’y penser. A la place, elle préfère se rassurer en se disant qu’il n’est pas question d’envoyer son équipe dans une mission suicidaire à l’intérieur d’un entrepôt envahi par les morts-vivants. Reprendre le contrôle de ce lieu n’impliquera pas Nell Matheson et ses tubes à essai. C’est un mal de tête de moins à gérer et, dans la situation actuelle, c’est toujours ça de pris.

Mais, bien sûr, tout cela aurait été trop beau sans l’admission que l’autre mission – celle impliquant Saint-Patrick – lui pend au nez. En écoutant le lieutenant, Smith a presque envie de sourire. La situation n’a pourtant rien de risible. Elle ne sait pas si on la teste ou si on la croit dupe. Peut-être un peu des deux. Comme si on lui laissait vraiment le moindre choix… Envoyer des agents en reconnaissance puis évoquer une opération de nettoyage dans la même phrase… Le lieutenant semble déjà avoir élaboré son propre plan d’action. Que veut-elle ? Que Smith s’y oppose directement ? Pourquoi l’a-t-on réellement convoquée ici ? Depuis quand donne-t-on à un simple agent le choix ? Les ordres sont donnés et ne sont pas discutés. Il n’est jamais question de choix mais de nécessité. « Rester ici et attendre une autre mission moins périlleuse. » Cela sonne affreusement comme une insulte ou, au moins, une provocation. Non, vraiment, Smith ne sait pas quoi faire de cette femme qui se présente face à elle. Son comportement diffère de ceux adoptés par les différents lieutenants auxquels elle a pu avoir affaire au long de sa carrière. Elle est sûre d’une chose cependant. On ne lui donne pas vraiment le choix. Saint-Patrick est une mission déjà planifiée et elle aura lieu. Avec ou sans l’agent Smith, apparemment. Non, ce qu’on veut, c’est… un avis différent peut-être ? Elle n’en sait rien mais, las, elle donne le sien tout de même. « Je ne connais pas la situation à la cathédrale Saint-Patrick. Mais, je sais qu’on parle de Midtown. Du cœur de Manhattan. Alors, en effet, s’il faut envoyer une équipe, n’importe laquelle, là-bas, mieux vaut leur assurer le niveau de risque le moins élevé possible. Sans avoir lu le rapport de l’équipe partie en reconnaissance, et vu la popularité de ce lieu de culte, il n’est pas difficile de deviner que l’endroit doit être aussi infesté que l’entrepôt du Fulton Fish Market. S’il s’agit de faire des prélèvements cependant, est-il nécessaire d’entrer dans le bâtiment ? Rester à l’extérieur et ne s’approcher que des parois semble plus raisonnable. Je comprends que les prélèvements ont de l’importance pour les tests effectués au sein du laboratoire de la Division. Il n’est pas mon rôle de remettre en cause ce travail, lieutenant. » Répondre à une question en évitant d’y répondre est un art que l’Intelligence Corps vous apprend. Mais, un choix ? Vraiment ? Laissez-la rire. Qu'on lui donne l'ordre de mission et qu'on la laisse en dehors des différents entre scientifiques et autorité. La politique ne l'intéresse pas.
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 Sujet : Re: guns for hands / alma   Mer 6 Juil - 14:47
[Guns for Hands] avec Jane Smith.

Le plus ironique dans le fait de diriger une division, voire une petite armée de dur à cuir, c'est qu'on prend vite goût à la tromperie... Et il n'y a rien de plus vrai lorsqu'on sait justement que le nerf de la guerre est la tromperie. Ne nous voilons pas la face, nous sommes en guerre contre le virus T, contre les éléments hostiles qui entoure l'île de Manhattan, mais surtout contre les survivants eux-mêmes. À chaque moment, notre situation sereine peut être amenée à changer, remettant en question notre sécurité. C'est sans aucun doute pour cette même raison que la tromperie est devenue l'une de mes armes principales, que je n'hésite pas à braquer sur mes propres hommes. C'est ainsi que je peux voir qui sont ceux que je peux considérer comme de véritables camarades, ne cherchant pas à me poignarder dans le dos comme l'a pu le faire Devon. Alors, oui, à mes yeux l'ennemi n'est pas seulement dehors, rampant comme des vers à travers les rues de la forêt urbaine. L'ennemi le plus dangereux est celui qui vous ne pouvez pas voir arriver, celui en qui vous avez toute confiance, celui qui vous sourit en ayant l'ambition de vous réduire au silence. Chaque jour qui passe, je n'en oublie pas qu'aux yeux des autres, c'est seulement mon grade qui fait de moi leur supérieur et non pas l'expérience comme la plupart d'entre eux. Grâce à Devon, je n'en oublie pas que mon statut est et sera toujours contesté par un quelconque individu. Si un jour je venais à perdre face à cet individu, c'est qu'au final j'aurais échoué en tant que lieutenant, la faute me reviendrait naturellement. Ni plus, ni moins. Donc, oui, Jane fait partie du jeu, ce jeu de tromperie dans lequel l'ennemi excelle aussi. Elle a l'intelligence de répondre par une phrase très peu explicite, ne donnant en aucun cas son avis quant au fait d'aller ou non à cette mission. Ce qui m'étire à mon tour un sourire, en coin de lèvre.

Elle a conscience du jeu dont je venais de l'initier à l'instant et peut-être a-t-elle conscience que je ne manquerai pas une occasion de tester sa loyauté. En effet, le choix n'existe pas, il n'a d'ailleurs jamais existé, ce n'est qu'une illusion dans laquelle les gens aiment se bercer, voire se noyer. Notre époque l'a bien compris, offrez un peu de liberté aux gens et vous les aurez sur la paume de votre main. Le gouvernement n'a jamais laissé le choix au peuple, ils nous ont simplement donné l'illusion de ce que nous voulions pour que nous restions à notre place... Loyal et docile. La vie est un immense échiquier, c'est à nous d'en devenir maître. Si Jane avait répondu qu'elle ne préférait pas se rendre, j'aurais accédé à sa requête... Évidemment, une autre équipe aurait pris sa place derrière. « Parfait... Vous avez donné une suggestion quant au fait de faire les prélèvements à l'extérieur de Saint-Patrick. Vous semblez avoir réfléchi à un plan d'approche, dans ce cas nul besoin d'envoyer une escouade, vous irez directement. Ceci dit, concernant l'extraction, cela reste toujours difficilement envisageable sans un avant-post à Midtown. Une fois là-bas, vous serez seul ! » M'exclamais-je, je poursuis peu après. « Il faut donc qu'on parle d'un moyen de revenir rapidement ou non, en réduisant les risques de mauvaises rencontres. » Je sors une carte et la pose sur du plat, il fallait trouver l'itinéraire adéquate pour une équipe constituée de deux soldats et d'une scientifique très peu douée au tir et combat au corps à corps.
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