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 demain, dès l'aube (mirka)
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 Sujet : demain, dès l'aube (mirka)   Mar 28 Juin - 23:42
[demain, dès l'aube]

Brann est un enfant de l'aube. L'aube qu'il voyait se lever devant une maison encore rongée par les flammes. L'aube qui le voyait se lever comme l'orphelin qu'il était devenu, par choix. Alors dès que le Soleil se lève sur l'apocalypse qu'il a contemplé comme un humble spectateur, Brann se lève en même temps. Il protège ses mains abîmées et empoigne sa hache vestige du héros qu'il était. Puis il part. Laisse tout derrière lui. Seul le feu suit chacun de ses pas.

Il parcourt les rues de New York qui sont encore à peine éclairées par la lumière du jour. Le peu de verdure qu'il voit a déjà repris de la vigueur face à la passivité humaine qui se préoccupe de son extinction imminente. Les branches des arbres longeant les trottoirs se font ballottées dans le vent comme l'humanité sent ses fondements trembler. Le vent se lève. Littéralement, métaphoriquement. Aujourd'hui, tout tend à acquérir un nouveau sens, à mesure que les esprits se renferment et les mentalités régressent. Beaucoup se battent encore contre ces vermines aux cellules seulement motivées par l'instinct primaire, sans se rendre compte qu'eux-même succombent à leurs idées les plus sommaires. L'Homme 3.0.

A cette heure-là, Brann est toujours tout seul. Il ne veut ni être encombré de quelqu'un, ni encombrer quelqu'un. Surtout pas Mirka, qu'il regarde dormir en s'éloignant. C'est pour elle qu'il prend le risque de sortir seul alors que les immeubles cachent encore facilement les rayons du Soleil. Mais quel risque pour une personne invisible ? Une personne que personne ne remarque, pas même les morts qu'il fait flamber. Il a toujours été transparent. Son âme d'enfant était transparente aux yeux de ses parents. Sa valeur à ceux des Nettoyeurs. Il n'était personne et continuait simplement à vivre pour pouvoir ressentir le feu près de lui, pour pouvoir exister. Exister à travers l'élément de destruction.

Parfois il voit le monde en noir et blanc. Il en a l'impression en tout cas. D'un côté les flammes, de l'autre, les morts-vivants. D'un côté la vie des follets agités, de l'autre la mort grouillante et râlante. D'un côté sa vie, de l'autre celle qu'il ne veut pas expérimenter. Qu'il se force à éradiquer. Brann considère les alentours d'un regard plus vif qu'auparavant. Raison au feu. Et il voit les traces d'un romantisme généralisé qui transcendaient les âmes. Il voit ce qui, aujourd'hui, peut rendre une journée merveilleuse. Et il se dit que ça pourrait bien plaire à Mirka.

Peut-être. Après tout il ne la connaît pas tant que ça. Peu de personnes peuvent sûrement se targuer de la connaître. Lui n'en fait pas partie, il se contente de la prendre dans ses bras quand les siens frissonnent, se permet juste de déposer ses lèvres sur les siennes quand il sent la solitude monter, chez elle comme chez lui. Et ce matin, il ose tenter les fleurs, pour lui faire plaisir, pour la voir sentir les arômes des pétales. De retour près d'elle, il se pose à ses côtés et lui met les fleurs sous le nez, doucement. « Tiens. C'est pour toi. » Il lui sourit. Il n'est pas pudique de ça. « Hier je t'avais dit que dès l'aube je te ramènerai une surprise. Je savais pas ce que ça allait être, mais j'ai vite trouvé. Des choses comme ça, tu les remarques vite dans la grisaille actuelle. » Brann se laisse aller tranquillement aller contre le mur et allume son Zippo, par frénésie, par besoin, avant de le refermer brusquement et de se tourner vers Mirka. « Elles te plaisent ? » Il a besoin de plaire à quelqu'un. Il sait pas trop comment ça fait, ça lui ferait plaisir d'apprendre. On en apprend tous les jours, il paraît.
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 Sujet : Re: demain, dès l'aube (mirka)   Ven 1 Juil - 23:17
[demain, dès l'aube]

Elle dort mal. Elle n’est pas bien. Pas pour elle. Pas pour personne. Les rêves d’horreurs, elle dort à moitié. Ça fait quelque temps qu’elle traîne près de lui, qu’elle reste dans le sillage, parce que Mirka, elle risque de crever en solitaire, elle risque de se faire tuer trop rapidement. Elle ne sait pas se battre correctement, elle se demande encore comme elle a fait pour survivre tout ce temps. Elle se sent seule, malgré le fait qu’il est là. Parce qu’elle ne sait plus s’ouvrir, parce qu’elle a peur de le faire et de le voir crever sous les yeux. Ça ne lui plait pas, cette alternative, elle n’a pas envie que ce soit le cas. Elle ne supporterait pas de se retrouver seule une fois de plus.
Elle ouvre les yeux. Elle ne le voit pas. Que les échos des montres, que les voix glauques qu’elle entend en sourdine. La panique qui prend à la gorge. Elle ne veut pas le perdre. Pas lui. Personne. Elle ne le supporte plus Mirka, de voir les autres filer entre les doigts.
Elle ferme les yeux tente de se calmer, retombe dans le sommeil à cause de la fatigue trop grande, parce qu’elle ne dort jamais bien, parce que personne ne le fait réellement dans ce monde.

C’est l’odeur des fleurs et la voix rassurante qui lui fait ouvrir les yeux une fois de plus. « Tiens. C'est pour toi. » Les phalanges qui se serrent autour de bouquet alors qu’elle se relève, qu’elle se pose contre le sol pour laisser ses billes sombres observer les fleurs pendant un moment. Un sourire qui se dessine sur les lèvres. Elle ne sait plus depuis combien de temps elle n’a pas vu de fleur. Ça lui manque. L’odeur. « Hier je t'avais dit que dès l'aube je te ramènerai une surprise. Je savais pas ce que ça allait être, mais j'ai vite trouvé. Des choses comme ça, tu les remarques vite dans la grisaille actuelle. » Le regard qu’elle lève pour poser sur lui, pour détailler son visage un moment. Ils ne se connaissent pas, mais elle s’accroche à lui, elle n’a pas envie de le voir partir, de le voir s’enfuir. « Ça fait longtemps que j’ai pas vu de fleurs.» Mirka, elle respire les aromes pendant un moment alors qu’il se pose sur le sol, qu’il joue avec le feu. « Elles te plaisent ? » Mirka, elle se défait du sol pour s’approcher de lui, les fleurs qu’elle ne lâche pas des mains, comme si elle avait peur qu’elles disparaissent si elle osait les déposer autre part. « Oui.» La jeune femme se pose contre le sol, elle prend place entre ses jambes à lui, s’impose dans son espace vital, laisse son dos se poser contre son torse et elle ferme les yeux. Elle a besoin de savoir qu’il est là. Elle a besoin de savoir qu’elle n’est pas seule. « J’aime pas ça quand tu pars comme ça. J’ai toujours peur que tu ne reviennes pas.» Le souffle qu’elle calme un peu. Le contact qu’elle aime. Cette impression que ça lui tient la tête hors de l’eau, que ça la raccroche à la réalité. « J’ai pas envie d’être seule.» Les fleurs qu’elle serre un peu entre les doigts. Elle aimerait en savoir plus, elle aimerait parler plus, mais elle a peur de tout Mirka.

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