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 speak of the devil / lulabee
Céphas Vlajac
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 Sujet : speak of the devil / lulabee    Ven 24 Juin - 11:49
[speak of the devil]
La nuit dépose son voile noire sur les rues, alors qu'une brise légère agite l'océan. Le regard rivé sur l'horizon, Céphas porte une cigarette à ses lèvres tremblantes. Ni la lueur des étoiles, ni les quelques lampadaires encore en fonctionnement ne lui apportent la satisfaction de la pénombre. Il a trouvé un réconfort immense en l'obscurité, à l'image de ses alliés. Les ténèbres sont son unique refuge, en temps de guerre. Le Mal soufflerait sa puissance sur la justice. Comme toujours.
Le pas lourd, il franchit les rues. Ses yeux sont écorchés, son cœur fatigué. Et il y a toujours cette odeur dans l'air - l'odeur de la mort. Il a pris, depuis des années, l'habitude de l'apprécier. Ce parfum étrange qui émane des corps, allongés sur les tables glacées. Jusqu'au jour où les morts se sont éveillés, sous ses yeux ébahis. Il a cru que son cœur céderait, mais il a tenu bon. Il tenait toujours bon, car il est motivé par la faim incessante d'une vie chaotique.  
Ses pas l'amènent peu à peu à son endroit fétiche ; le Hive. Là où l'anarchie est le maître des lieux. D'aucun ne l'aurait cru capable de planter son poignard dans le cœur d'un vivant et pourtant, c'est ainsi qu'il s'est logé au creux des ailes des Corbeaux. Noirs, comme la mort, noirs comme ses pensées.
Au loin, une forme se dessine. Ce n'est ni l'ombre d'un mort, ni la silhouette d'un vivant, mais bien pire. À ses yeux, Lulabee est l'une de ces femmes complètement paumée - pour ne pas dire givrée. Elle voit en les morts d'étranges signes, alors que lui ne voit que de la chair. Avec ses poupées, ses grigris et ses douces paroles, il ne la prend pas au sérieux. Elle est l'une de ces femmes à ne pas prendre à la légère, certes. L'une de ses femmes à sortir le couteau à la moindre occasion ; une folle parmi tant d'autres. Un peu comme lui, mais en pire.
Désormais, seuls quelques mètres les séparent l'un de l'autre. Il parvient presque à sentir son parfum - cette odeur amère et tout aussi désagréable que l'arôme des morts. « Tu pars en vadrouille, petite ? » dit-il, en crachant la fumée noire de sa cigarette. Il a son regard ancré sur elle - elle qui est aussi imprévisible qu'un mort. Sa main caresse le manche de son poignard, fermement attaché à sa ceinture. À la moindre occasion, lui aussi, il lui arracherait le cœur.



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 Sujet : Re: speak of the devil / lulabee    Ven 24 Juin - 17:35
[speak of the devil]
Une giclée de sang fait son chemin hors de ses lèvres et s'écrase sur le sol du ring. Les gens à côté d'elle protestent, hurlent, célèbrent la défaite qui s'annonce. Le champion bientôt détrôné. Son nom au sommet de la deadpool. Les marques de poing qui s'impriment peu à peu sur son corps.
Lulabee le sait. Il ne sent rien. Il fait juste mine d'avoir mal pour donner à ces connards ce dont ils ont envie. La vérité c'est qu'il va le détruire, et qu'il le foutra dans la baignoire en attendant qu'elle le vide de son sang.
Finalement il se laisse aller dans les cordes, essoufflé. Lula imprègne ses lèvres d'un baume qu'elle a fabriqué, lance son genou sur le rebord du ring et embrasse Ari. Un peu de magie pour lui permettre de reprendre l'avantage. Lui, tout ce qu'il voit, c'est qu'il est temps de montrer qui est le patron.
Trois minutes plus tard il envoie un pied retourné dans la mâchoire de son adversaire. L'homme de s'écrouler lourdement entre les quatre coins. Aristarkh vainqueur, Aristarkh pété de thunes.

Lulabee a besoin de s'isoler dans la pénombre des rues. La noirceur la laisse penser aux pléthores d'esprits qui doivent s'agiter dans les rues abandonnées aux morts de l'île. Autre que sa voix elle entend celles des défunts venir habiter son esprit. Les âmes errantes qui viennent flâner dans son corps. Habitée par la Mort sans être prête à se livrer entièrement à elle. A celle qui court, déformée, décharnée, dans les rues de Manhattan.
Elle attache son arme à sa ceinture et fourre sans main dans la poche de son blouson doublé en peau de mouton. Celui d'Ari, avec son odeur masculine. Autre que celle du sang qui donnerait presque une couleur rouille à sa peau à elle. Dans son reflet elle voit parfois des petits pigments rouges sûrement imaginaires. Et puis elle voit une femme dévouée aux lamentations de ses ancêtres, soumise aux incantations lancées par les esclaves. Lulabee tâte la poche intérieure pour vérifier qu'elle a bien ses clopes et son briquet. L'autre dans laquelle elle a un bout de chiffon et des aiguilles. Il ne lui manque qu'une mèche de cheveux.
Lorsqu'elle sort du Hive, elle laisse un sifflement s'échapper sous le coup du froid. Fait quelques pas pour s'éloigner du bar et profiter de la nuit, sans savoir où elle ira vraiment. Peut-être une boutique de jouets qu'elle a nettoyée avec Ari. Lulabee se souvient de ses jouets à elle. Des poupées de cire que Claudette faisait de ses mains. Un singe monté sur ressorts. Assis, debout, assis, debout, la main levée, la bouche ouverte dans un grand sourire. L’esclave courbé pour récolter le coton, debout pour recevoir les coups de fouet, le poing en l’air pour crier à la révolution et le sourire pour signifier sa liberté. Soudain un frisson la parcourt et lui ordonne de dégainer sa faucille. La lame tranche le silence dans un bruit de glissement, ses tresses font volte-face quand elle tourne la tête. C'est juste la pluie qui commence à humidifier l'air. Les gouttes qui s'écrasent sur le sol comme le sang qu'elle a l'habitude de verser. Le même frisson, dans les deux situations.

Puis au loin elle voit une silhouette qu'elle reconnaît immédiatement. Le calme lancinant conféré par l'âge avancé. Les os frêles qui s'affaiblissent un peu plus chaque jour à l'annonce du dernier soupir. La nature. La vieillesse. Elle range sa faucille dans son fourreau. Non pas qu’elle ne veuille pas la lui planter dans le torse. Lulabee sait. Elle sait que la cérémonie qu’elle a dû avorter, c’était son œuvre. Que la personne en travers de son chemin menant vers le monde des esprits, c’est lui. Elle fait simplement confiance à ses ongles pour lui crever les yeux.
Elle entend sa question, ricane. « Et toi, tu pars crever dans ton coin ? » En s’approchant de lui, elle doit lever le menton. Tendre sa gorge. Tout en sentant sa main serrée autour de son poignard. La jeune femme sourit. « Tu sais, je parierais pas sur tes chances de survie. Pas à ton âge. Tu t’imagines, toi, sur la deadpool ? » Elle se met à rire, fort, lui met une tape sur l’épaule. Redevient sérieuse, la lueur du défi dans le regard. C’est la femme qui veut le pousser à bout. La femme qui veut une excuse pour lui vider l’estomac.
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Céphas Vlajac
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 Sujet : Re: speak of the devil / lulabee    Sam 25 Juin - 19:40
[speak of the devil]
Il y a ce parfum dans l'air. Cet insupportable parfum de pourriture, qui émane de chaque parcelle de sa peau. C'est une des raisons pour lesquelles sa présence l'horrifie. Lulabee est une femme répugnante, comme il les a toujours méprisés. Lui aussi ne suinte que la laideur et l'amertume, mais il a appris à vivre avec ses propres démons. Il a appris à savourer la sueur qui coule jusqu'à ses lèvres mortes, alors qu'autour de lui, le monde ne cesse jamais de pourrir. Ce monde-ci, il ne pourra jamais y vivre en parfaite harmonie. Il y a toujours un désaccord qui gâche la mélodie. Lulabee est l'un de ces désaccords. C'est une vermine, mais ce n'est pas le pire.
Ce qu'il y a de pire, entre ses rues de ruines, c'est l'arôme pestilentiel de la peur, qui s'incruste dans ses vêtements. Il doit l'avouer, Lulabee a au moins une qualité : elle ne dégagejamais le parfum si particulier qu'est celui de la peur. Elle n'a jamais peur, ce qui n'avait rien d'étonnant. Pourtant, à son contact, Céphas ne peut pas s'empêcher de ressentir un haut-le-cœur. Un jour, elle salirait ses mains de son sang. Et il n'y avait rien de plus désagréable que la crasse sous ses ongles.
Lulabee, elle, est vraiment l'une de ses crasses. Une vermine, une ordure, une pourriture. Une poussière qui se dépose, avec délicatesse, sur la peau de Céphas, déjà trop souillée. C'était ainsi que son amertume a commencé à croître. Et ses fantaisies l'horripilent un peu plus encore. Son regard à lui crache la haine. À chaque instant.

De sa main gantée, il retire la souillure que ce contact a laissé sur son épaule. Céphas parvient à sentir l'amertume grandir sous sa peau. Son sang bouille, ses veines claquent à ses tempes. Sa patience périt à chaque seconde. Lulabee est une femme insupportable qu'il offrirait volontiers en offrande à une horde de zombies. Car telle est sa notion du vaudou, n'est-ce pas ? Sacrifier des humains pour le plaisir du bon Dieu. Céphas, lui, n'a pas besoin de cacher ses envies meurtrières sous une quelconque religion. Il tue pour le plaisir du sang.
Une ombre traverse son visage, alors que ses rides se creusent un peu plus. « Gamine. » souffle-t-il d'entre ses lèvres tremblantes. Il prend une dernière bouffée de cigarettes, jette son mégot sur le sol crasseux. « N'as-tu pas un grigri à fabriquer pour te protéger de la pluie ou que sais-je ? » Il pose une nouvelle fois sa main sur le manche de son poignard. Ses yeux fouillent l'horizon. Au loin, des grognements résonnent. Ils sont partout. Il prend son couteau entre ses mains délicates. La lame se reflète sous la lueur des étoiles et sur les gouttes qui perlent. Il pointe son arme vers Lulabee. Il est conscient du danger, presque certain que, bientôt, la faucille trancherait sa tête. « La mort peut toucher n'importe lequel d'entre nous, gamine. » Du bout de sa lame, il désigne des zombies qui s'approchent d'eux. À vive allure. Il soupire face à cette vague soudaine d'arômes de pourriture.
Les morts ne cesseraient donc jamais de sentir si mauvais ?


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 Sujet : Re: speak of the devil / lulabee    Dim 26 Juin - 13:06
[speak of the devil]
Lulabee veut le tuer. Pour le plaisir. Pour glisser son corps nu dans un bain de son sang, un sang malsain et usé par les années. D'ordinaire elle respecte ses aînés. Claudette, c'était son prophète. Or, dès qu'elle croise le regard de Céphas, elle ne voit qu'une accumulation de crimes irraisonnés, seulement motivés par son sadisme. Il n'a probablement jamais défendu une cause, ou vécu pour quelque chose de plus grand que lui. Elle, vit pour son culte. A sa manière.
La pluie se fait plus lourde. Les gouttes gagnent en épaisseur et leur rythme en intensité. Derrière eux, les nuages couvrent l'éclat des étoiles qui brillent au lointain. L'homme se répète, l'homme perd la tête. Toujours le même refrain, à chaque fois qu'ils se voient. Il la traite comme une enfant. Parce qu'il pense qu'elle réagit comme une enfant face à sa religion. Qu'elle met ses sacrifices sur le dos des dieux comme une gamine ferait un caprice. Et Lula, elle a horreur de ça. De se faire humilier. De se faire rabaisser. Parce qu'elle mérite sa place parmi les survivants. Parce que les esprits l'ont choisie, elle, pas les autres.
La jeune femme fouille dans sa poche et sent la main fébrile du vieillard sur son arme. Elle finit par lui tendre une poupée de chiffon. Mal proportionnée, presque voûtée. Avec deux petits boutons usés en guise d'yeux. Et elle de l'agiter bêtement devant ceux de Céphas. « Le seul grigri que j'ai sur moi, c'est cette poupée. » Elle aime le narguer. Lui tourner autour. Finalement, elle aime jouer à la gamine, avec lui seulement. Lulabee sait bien que ça l'exaspère. Que seule sa présence fait bouillir son sang, que son odeur lui donne la gerbe. Et la seule chose qui la retient de le prendre dans ses bras, c'est qu'elle sentirait une lame lui percer les entrailles. « Tout ce qui me manque, c'est quelque chose qui t'appartienne. Une mèche de cheveux, par exemple ? Si tu es disposé à me faire don d'une de tes dernières ? » Soudain rétablit une distance de sécurité entre eux deux. Il fait briller le métal de son poignard sous le reflet de la nuit. Ses doigts se crispent autour du manche de sa faucille. Lame vers le bas, elle pourrait l'ôter du poids de sa tête.
Céphas finit par pointer une horde du couteau, en même temps que Lulabee sent ses lèvres s'étirer. « Reste là, vieillard. J'aimerais me garder le privilège de t'arracher la gorge » Elle empoigne son khopesh et le fait tourner entre ses doigts, tranche l'air ambiant, fissure les râles qui s'approchent d'eux. Un pied devant l'autre. Les nuages ont progressé. La pluie est presque agressive. Lulabee tend des bras ouverts, déambulant telle une vipère sur la route, offerte à la Mort. Puis, d'un trait, elle coupe la tête du plus rapide dans un cri ravageur.
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THE STRAIN
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 Sujet : Re: speak of the devil / lulabee    Dim 26 Juin - 13:06
Le membre 'Lulabee Chamberlain' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


'KARMA IS A BITCH' :
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Céphas Vlajac
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 Sujet : Re: speak of the devil / lulabee    Dim 26 Juin - 17:11
[speak of the devil]
Il avait pris l'habitude d'attiser les flammes qui brûlent en lui, alors que Lulabee ne cesse de le provoquer. Elle était ainsi ; une enfant idiote, naïve et sûre d'elle. Sûrement n'a-t-elle jamais reçu l'amour d'un père et d'une mère. Un vide qu'elle comble aujourd'hui avec des superstitions insensés et des grigris aux allures de jouets. Au fond, elle lui rappelle vaguement ses propres enfants. Lui aussi a abandonné son propre sang, pour un fils bâtard. Mais eux ne se seraient jamais ridiculisés au point de prier des divinités imaginaires.
La gamine agite une poupée, comme toujours. Céphas l'avait quittée du regard et pourtant, cette poupée l'hypnotise. L'unique don de Lulabee est de croire en une chose impossible. C'est sa croyance qui fait la Vérité et non pas la Vérité qui faisait sa croyance. Dieu n'existe pas. Sinon, Céphas ne serait pas bloqué sur cette île avec elle. Dieu lui aurait épargné cette infâme et injuste souffrance, en bon masculin qu'il est. Pourtant, un sourire étire ses lèvres. Il aime discuter avec cette gamine. Elle lui rappelle l'arrogance de son fils bâtard, même s'ils n'ont rien en commun. Abner est un combattant. Lulabee est une enfant - mal éduquée, qui plus est. Elle ne respecte pas ses aïeux, malgré la lame tranchante qui brille sous ses yeux.

Sans un mot, il la regarde s'éloigner. Quand bien même elle parviendrait à assassiner cette horde de zombies, jamais elle ne gagnerait un combat face à lui. Céphas est un monstre faible, certes. Mais sa volonté faisait sa force. Lulabee est beaucoup trop confiante pour être vainqueur. Pourtant, il observe avec admiration la gamine manier son arme. Une arme incroyable, pleine d'histoire et de grâce. Une arme trop belle pour une telle abomination. « Gamine, quand tu cracheras du sang et que ton esprit rejoindra tes Dieux d'Afrique ou je ne sais où, je m'offrirai ton arme. Belle lame, pour une gamine. » Le sang gicle devant ses yeux, tandis qu'une odeur familière arrive jusqu'à lui. L'odeur du sang. Une odeur succulente, gâchée par l'amertume des corps en putréfaction. Un haut-le-cœur l'anime. Il déglutit.
Soudain, un bruit perce la rue. La gamine tressaille et manque de tomber au sol.  Pris de stupeur, Céphas se redresse. Les ennemis sont partout, il le sait. Un sourire éclaire ses lèvres, malgré tout. Un mort vivant s'approche du corps de Lulabee. Elle est morte, la gamine ? Un regret traverse son cœur - il aurait voulu l'achever de ses propres mains. Non, elle est toujours en vie. C'est sa jambe droite qui souffre. Lentement, il s'approche d'elle et s'appuie contre la portière d'une voiture. Il sort de sa poche une clope - la dernière d'un de ses nombreux son paquet. « Eh bien, eh bien... On dirait bien que c'est moi qui ai le privilège de t'arracher la gorge, maintenant. » Un sourire s'étire sur ses lèvres, alors que sa lame se leve au-dessus d'elle. « Ou peut-être que ce sont eux qui se chargeront de toi. Je me demande bien qu'elle sera ton odeur à ta mort. Ca pourra pas être pire que maintenant. Tu pues le rat crevé et la peur. »



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 Sujet : Re: speak of the devil / lulabee    Dim 26 Juin - 19:48
[SPEAK OF THE DEVIL] ft. céphas vlajav & lulabee chamberlain
Evpraksiya aime la nuit. Peut-être que la nuit n'aime pas Evpraksiya, parce qu'elle passe trop de temps à reluquer ses étoiles ou à maudire ses nuages lourds d'eau, mais elle s'en fout. Elle aime se poser sur un banc au clair de lune et savourer une cigarette, qu'elle fume lentement. Parfois ses songes l'engloutissent tellement profondément qu'elle en oublie ce qu'elle tient dans les mains, et que la cendre consume plus de la moitié du tube. Elle devrait faire attention, les réserves diminuent.

Mais encore une fois, Eve s'en fout.

Elle a tendance à se foutre de tout. Depuis trente ans. C'était comme si Evpraksiya Mikhaïlovna Shabalina était morte en 86 et qu'Hannah Bates avait pris sa place. D'une guerrière élevée avec le (sang-) froid russe elle était devenue une Ricaine lobotomisée. Incapable de ressentir l'étincelle de la vie. Elle avait perdu foi en l'humanité quand elle s'est rendu compte que Gorbatchev s'inclinait, que la Russie devenait capitaliste, et surtout qu'elle l'avait accepté avant eux, ne pouvant jeter la pierre que sur elle. Elle s'est perdue. Elle a perdu les reflets qu'elle voyait dans le miroir. La loyauté, le courage. Eve s'est juste enfermée dans une carapace de salope rouge. Facile à jouer, facile à apprécier. Mais dans ce monde annonçant la fin d'un ensemble cosmique, elle pensait à sa vie. Se posait des questions. Se remettait en question.

« Lève les bras, vieille pute. Tu prends combien, hein ? » Le type est ivre, sa voix nasillarde, son rire insupportable. Il tient son arme de la main gauche, un revolver. Il a la main moite, les doigts glissants, les lèvres crispées. « Vas-y, prend-lui ses clopes, fouille la, prends tout ce que cette connasse a ! » Le gamin obtempère et lui ordonne de se lever. Elle prend sa canne, s'appuie dessus un pas sur deux. Evpraksiya se tait, elle préfère savourer dans le silence. Seulement le silence. Il suffit aux quelques secondes que le petit met à mettre la main dans sa poche pour se retourner et s'en faire un bouclier humain. Un coup de feu atteint la première cible. La vieille jette l'arme au loin, et le gamin dans le sens opposé pendant qu'elle part rejoindre le troisième homme, planqué derrière le banc. Il est maigre, la lame n'a pas de mal à le transpercer.
Le dernier reste introuvable. Son arme n'est plus sur le sol. Au loin Evpraksiya voit une ombre glisser le long d'un mur ; elle part à sa poursuite. Juste pour le prévenir, lui dire de partir aussi loin qu'il le peut d'elle, et de ne plus croiser sa route. Mettre en garde la jeunesse. Elle débouche sur une ruelle sombre. Personne. En faisant volte-face elle évite de justesse une balle perdue. Puis elle reçoit un premier poing qui heurte ses côtes, un autre coup de crosse qui empourpre son épaule. D'un glissement de lame elle entaille son bras et fait tomber son arme.  Au dernier assaut du gamin, couteau en main, elle trace une ligne diagonale sur son torse. Creuse profondément son corps, sent le sang gicler sur son visage. Elle le voit s'écrouler. C'était ce qu'elle voulait, en partant à sa recherche. Ôter une dernière vie avant d'aller dormir.

Elle s'allume une nouvelle clope et passe une main sur ses joues ; elle voit ses doigts rouges et soupire. C'est une tueuse. Une putain de tueuse qui aime ce qu'elle fait. Mais elle est triste de voir qu'elle n'est bonne qu'à ça. Qu'en perdant la nationalité russe, elle a aussi perdu une raison de vivre, et que depuis, elle ne fait que vivoter en se divertissant. En tuant, manipulant, colportant.

Autant aller au Hive pour boire un verre et passer à autre chose. En arrivant près du repère, elle distingue une horde de zombies non loin de là. En s'approchant, elle reconnaît Céphas, silhouette de son passé, juste un plus courbée. Il est là, contre une voiture, à considérer avec satisfaction une figure humaine perdue dans la nuée des morts. Evpraksiya s'approche, signale sa présence en frappant sa canne contre le bitume, sans autorité aucune, mais plutôt avec sa délicatesse passée. Pendant ses nuits à ses côtés. Ils se regardent. Échangent quelque chose, sans mots, sans gestes, juste avec un regard qu'il comprend bien. Eve a reconnu la fille, c'est Lulabee, une illuminée comme il y en a tant d'autres chez les Corbeaux. Peut-être qu'elle mérite de crever – ils le méritent tous – mais au sein d'un microcosme, tout finit par se savoir, et quand les membres du clan apprendront que Céphas a laissé la gamine mourir, ils demanderont au Maître Corbeau de régler l'affaire. Et c'est une chose qu'elle ne saurait se résigner à faire.

« Ramasse-la. »

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